Non, le journalisme n’est pas mort. Demain, après-demain, la planète aura encore besoin de journalistes. Pourquoi cette conviction? Parce que le journalisme n’est ni un pur métier, ni un passe-temps. C’est avant tout une fonction, un principe de neutralité. Dans un monde où chacun voit midi à sa porte, il faudra des passeurs compétents pour organiser la reconnaissance mutuelle. Sur une planète où chacun, influencé par ses préjugés, absout ou condamne sans autre forme de procès, des originaux défendront la suspension du jugement moral. Surtout, dans des systèmes politiques et économiques où la vérité est une notion de plus en plus friable, chacun aura besoin de personnes consacrant leur énergie, et d’une certaine manière leur vie, à “voir les choses derrière les choses”, comme il est dit dans Quai des brumes de Marcel Carné.